À l’occasion d’un billet de l’UsuabilityPost concernant le style d’écriture d’un blogueur, j’ai eu envie de relire Is Google Making Us Stupid? de Nicolas Carr. Et c’est édifiant.

Car je dois avouer mes problèmes de concentration depuis que j’utilise Internet de manière intensive. Intensive, c’est-à-dire, tout en même temps : dans le désordre l’IRC, Twitter, mon blog, ceux des autres, divers forums, une ou deux mailing list, auxquelles ont peut ajouter mes mails perso, Jabber et l’autre réseau sale, mes flux RSS. Ce à quoi il faut ajouter, toujours dans le désordre, les quelques terminaux ouverts dans lesquels je bosse sur mes sites web, quelques ébauches de scripts ou logiciels, mes bidouilles linuxiennes…

Je n’aborderai pas le – déprimant – aspect chronophage de cette situation. Je vais (essayer de) me concentrer sur ce qui me concerne personnellement : la gestion de cette situation.

Afin de traiter toutes les informations dont je me gave au cours d’une journée, j’opère une sélection. Au fond assez simple, mais plus ou moins consciente. Et c’est cela qui me fait peur.
Ce qui me semble normal sur le Web, je le remets en question dans ma vie quotidienne : traiter les flux d’information, sélectionner les mots clefs, formuler une réponse insctinctivement. C’est ce que je fais face à un problème en informatique, face aux logs système, par exemple. Éventuellement, pendant un devoir dont le sujet m’est familier. Mais c’est aussi ce que je fais le plus souvent face à un proche qui me parle.

Carr dit, en gros, « j’ai eu la désagréable impression que quelqu’un, ou quelque chose, bricolait mon cerveau ». Et c’est ce qui m’a frappé à la lecture de son article, puisque c’est exactement ce que je ressens.

Sauf qu’en réalité, je suis, en tout cas je crois que je suis, l’unique « entité » capable de modifier la façon dont fonctionne mon cerveau. Les acteurs extérieurs me dictent une certaine façon de le faire, mais je suis le seul responsable : j’ai voulu cette situation. Encore une fois, plus ou moins consciemment. La force de l’habitude ?

Alors évidemment, d’autres facteurs rentrent en jeu : la fatigue est le premier qui me vient à l’esprit. Oui… mais elle accable n’importe quel lycéen. Le stress, probable, mais quelqu’un qui me connait personnellement pourra arguer que je ne suis vraiment pas d’une nature stressée.

De quoi on parlait, déjà ?



6 commentaires sur “Autistes 2.0”

  1. kazounet dit :

    Si jeune et déjà désespéré. Ca promet.

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  2. AddiKT1ve dit :

    @kazounet: Je le vis plutôt bien, en fait. Et puis ma nana est un peu pareil, mais en pire, donc je me rassure, en fait.

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  3. Khady dit :

    On est gavé d’informations même en dehors d’internet. Je suis énormément l’actualité, je discute beaucoup et on est obligé de traiter l’information pour pouvoir s’en resservir par la suite. J’ai une excellente mémoire, peut être pas photographique mais on s’en rapproche. je retiens énormément de chose juste en écoutant, même des petits détails insignifiants et c’est ces « mots-clés » qui marquent sur l’instant qui permettent par la suite de faire remonter les souvenirs. Au final savoir je pense que c’est bénéfique car ca ne t’empêche pas de réfléchir autrement quand tu dois le faire et ca permet d’utiliser plus de données.

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  4. emoc dit :

    Hé ouais, c’est fatigant d’être un neurone : pas tout à fait dans le sujet, mais pas tout à fait en dehors non plus : « I, internet, we are more Borg than we thought », sur le parallèle entre réseaux sociaux et neurones biologiques.

    http://events.ccc.de/congress/2009/Fahrplan/events/3302.en.html

    Un schéma tiré du pdf (on peut mettre du html dans tes commentaires ?)
    humain++

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  5. AddiKT1ve dit :

    @Khady: @emoc: En fait c’est fatigant d’être supérieur au commun des mortels ! Viens, on se regroupe en une secte (où ça Linux Quimper ?).

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  6. Kane dit :

    @AddiKT1ve:

    Et pour ceux qui sont pas à Quimper ? :’(

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